Les autres récits sur les traditions de Noël
Pour remonter les siècles, la rubrique Histoire de Noël repart de Rome et de ses calendriers.
D’où viennent nos traditions de Noël, ici et ailleurs
Questions et réponses
Noël tombe le 25 décembre parce que l'Église de Rome a fixé la naissance du Christ à cette date au IVe siècle ; aucun évangile ne donne ce jour, ni même la saison. La Biblical Archaeology Society rappelle que les récits de Matthieu et de Luc ne précisent aucune date, et que deux explications de ce choix s'affrontent encore.
Ces questions reprennent ce que disent les textes les plus anciens et les Églises elles-mêmes : pourquoi le 25 décembre, pourquoi le 7 janvier chez une partie des orthodoxes, pourquoi la fête commence dès le soir du 24. Chaque réponse cite la source où elle a été lue.
Comment chaque réponse est écrite
À savoir
Non : légende et histoire se mêlent souvent dans les récits de Noël, et seule la source permet de savoir laquelle des deux vous êtes en train de lire.
Les textes cités, à consulter un par unPour remonter les siècles, la rubrique Histoire de Noël repart de Rome et de ses calendriers.
Parce que l'Église de Rome a fixé la naissance du Christ à cette date au IVe siècle, sans appui dans les évangiles. Deux explications s'opposent : un emprunt à la fête du Soleil invaincu, que l'empereur Aurélien place au 25 décembre en 274, ou un calcul chrétien partant d'une conception située le 25 mars, neuf mois plus tôt. La Biblical Archaeology Society souligne qu'aucun texte n'atteste la première au IIIe siècle.
C'est la liste des martyrs de Rome conservée dans le Chronographe de 354, qui s'ouvre sur la naissance du Christ au 8 des calendes de janvier. Terre Sainte Magazine date de 336 le premier document daté avec certitude qui atteste ce jour, et la Catholic Encyclopedia juge probable que la liste remonte à cette même année.
Non, selon la Catholic Encyclopedia de 1908, qui situe les Saturnales du 1er au 23 décembre et écarte explicitement cette fête romaine comme origine de Noël.
C'est une hypothèse, pas un fait établi. Le calendrier civil romain de 354 marque bien Natalis Invicti au 25 décembre, mais la Biblical Archaeology Society souligne qu'aucun texte ne montre des chrétiens du IIIe siècle adoptant des fêtes païennes, à l'époque où la date de Noël se fixe.
Parce qu'ils suivent le calendrier julien, dont le 25 décembre correspond aujourd'hui au 7 janvier de notre calendrier civil. Le prêtre orthodoxe Lawrence Farley le résume pour l'Église orthodoxe en Amérique : ces fidèles fêtent eux aussi Noël un 25 décembre, ils y arrivent simplement treize jours plus tard. L'écart vient de la réforme grégorienne de 1582, qui a supprimé dix jours du calendrier.
L'Église apostolique arménienne, qui célèbre ce jour-là la naissance du Christ et, dans la même fête, son baptême par Jean-Baptiste. Elle garde ainsi l'usage ancien d'une fête unique.
Quatre, selon le diocèse de Paris : « Les chrétiens célèbrent Noël à quatre dates différentes : le 25 décembre, le 6 janvier, le 7 janvier et aussi le 19 janvier à Jérusalem. » Le diocèse précise qu'il est faux d'opposer un Noël catholique du 25 décembre à un Noël orthodoxe du 7 janvier, puisque c'est la même date dans deux calendriers.
Depuis une loi signée le 28 juillet 2023 par le président Volodymyr Zelensky, qui déplace le jour férié de Noël du 7 janvier au 25 décembre, rapporte le Kyiv Independent.
Depuis la fin du IVe siècle environ : la Catholic Encyclopedia écrit qu'à Constantinople la fête du 25 décembre n'apparaît pas avant 379, et conclut que la date a gagné l'Orient depuis Rome.
Traditionnellement jusqu'à l'Épiphanie, le 6 janvier. Le second concile de Tours, en 567, note dans son canon 17 qu'entre Noël et l'Épiphanie chaque jour est une fête, ce qui dispense les moines de jeûner ; Roger Pearse, qui en publie le texte latin, montre que c'est ce canon, et non un autre souvent cité, qui parle de cette période.
Parce que la fête s'ouvre par la veillée et la messe de minuit. L'INA rappelle qu'au début du XXe siècle, en France, « le cœur de la soirée de Noël n'était pas le réveillon, mais la veillée ». Dans les pays nordiques, le musée Nordiska fait même du 24 décembre le sommet de la fête.
Le magazine
Du calendrier romain de 354 au Père Noël new-yorkais : la fête, document par document.
La veillée du 24, les treize desserts, les bredele alsaciens, le Chanté Nwel des Antilles.
Wigilia en Pologne, Befana en Italie, Tió en Catalogne, poulet frit au Japon.
Le sapin, le gui, la bûche, le calendrier de l’Avent, les chants et la lettre au Père Noël.
Saint-Nicolas, Sainte-Lucie, Saint-Sylvestre, douze jours de Noël, Épiphanie.