Avant de citer « Sol Invictus »
Les explications toutes faites, qui voient partout un rite oublié derrière un mot de Noël, ne valent pas une source : pour « Sol Invictus », seuls des textes datés permettent de trancher.
D’où viennent nos traditions de Noël, ici et ailleurs
Définition
Sol Invictus (le Soleil invaincu) est un dieu solaire romain : en 274, l'empereur Aurélien institue une fête de sa naissance le 25 décembre. Le mot « Sol Invictus » a une histoire écrite, que l’on peut suivre dans des sources ouvertes et vérifier soi-même.
Ce que les sources disent de « Sol Invictus »Sol Invictus n'explique pas à lui seul la date de Noël. L'article de la Biblical Archaeology Society sur l'origine du 25 décembre rappelle qu'Aurélien fixe en 274 la naissance du Soleil invaincu à cette date, puis souligne qu'aucun texte ne montre des chrétiens du IIIe siècle adoptant des fêtes païennes. Une autre piste existe : vers 200, Tertullien rapporte un calcul qui place la mort de Jésus un 25 mars ; en y plaçant aussi la conception, on arrive neuf mois plus tard au 25 décembre.
La Catholic Encyclopedia de 1908 relève de son côté que le calendrier civil de 354 marque Natalis Invicti au 25 décembre et reconnaît à cette fête solaire de sérieux titres. Quand vous lisez que Noël serait une fête païenne déguisée, vous tenez donc une hypothèse discutée, pas un fait établi.
À mon sens, « Sol Invictus » se retient mieux par son histoire que par sa définition seule : c’est elle qui donne au mot son relief.
Les explications toutes faites, qui voient partout un rite oublié derrière un mot de Noël, ne valent pas une source : pour « Sol Invictus », seuls des textes datés permettent de trancher.
La coïncidence entre la fête de Sol Invictus et Noël a nourri, chez les biblistes des XVIIIe et XIXe siècles, la thèse d'une date empruntée aux païens.
Avant de glisser « Sol Invictus » dans un quiz de Noël ou une veillée, relisez son origine : c’est souvent elle qui fait la meilleure question.
Le magazine
Du calendrier romain de 354 au Père Noël new-yorkais : la fête, document par document.
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