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D’où viennent nos traditions de Noël, ici et ailleurs

Porteurs de cadeaux, Italie

Befana, porteuse de cadeaux

La Befana est la vieille femme qui apporte les cadeaux aux enfants italiens dans la nuit du 5 au 6 janvier ; en 1928, le régime fasciste en a fait une distribution nationale de paquets aux enfants pauvres.

    En bref

    Befana : à quelle date, et dans quel pays ?

    Quand : nuit du 5 au 6 janvier. Où : Italie. Ce calendrier explique bien des malentendus entre familles : selon la région d’origine, on ouvre les cadeaux le 6 décembre, le 24 au soir, le 25 au matin ou le 6 janvier.

    Questions fréquentes : Befana

    Fiche d’identité : Befana

    Une figure de Noël se reconnaît d’abord à trois choses, le nom qu’elle porte sur place, la date de sa venue et ce qu’elle apporte, ou n’apporte pas ; son rôle et un repère daté complètent le portrait.

    RepèreBefana
    Nom sur placeLa Befana
    Pays ou régionItalie
    Passagenuit du 5 au 6 janvier
    Rôleporteuse de cadeaux
    Côté cadeauxdes friandises aux sages, de l’ail, de la cendre et du charbon aux autres
    Une date de son histoire1928 : lancement de la Befana fascista

    La dernière ligne retient une date de l’histoire de la figure ; le texte qui la fonde se trouve parmi les sources de l’article.

    porteuse de cadeaux

    Befana : son histoire, source à l’appui

    La Befana a aussi été une affaire d’État. Selon l’agence AGI, le secrétaire du Parti national fasciste Augusto Turati lance le 6 janvier 1928 la Befana fascista : commerçants, industriels et agriculteurs sont invités à donner, les Faisceaux féminins et le Dopolavoro distribuent les paquets aux enfants pauvres dans les Maisons du Fascio. En 1931, plus d’un million de paquets sont collectés. Rebaptisée Befana du Duce, elle garde surtout son premier nom jusqu’au 25 juillet 1943 ; après la guerre, la distribution se morcelle en Befane des traminots, des agents municipaux et des cheminots, puis de la RAI.

    La Befana populaire est bien plus ancienne. Il Foglio cite un sonnet romain de Giuseppe Gioacchino Belli daté du 27 septembre 1831, qui rappelle l’usage de déposer près de la cheminée les dents de lait tombées, pour que la Befana les remplace par une pièce. D’autres récits romains en font une parente de grands coupables, condamnée à faire le bien : la grand-mère d’Hérode, la femme de Ponce Pilate ou la tante de Barabbas. On lui laissait de la ricotta, faute de dents, et elle apportait aux méchants de l’ail, de la cendre et du charbon. Sa maison d’Urbania est présentée dans notre dossier sur Noël en Italie.

    Fiche : la Befana, vieille femme qui apporte les cadeaux en Italie la nuit du 5 au 6 janvier

    Les sources de cette fiche, avec leurs liens

    Pour en parler à la veillée

    • Si votre famille vient d’une autre région, gardez les deux traditions plutôt que d’en choisir une : rien n’empêche de fêter saint Nicolas le 6 décembre et le Père Noël le 24.
    • Une légende sans source ni date se recopie d’un site à l’autre sans que personne la vérifie : préférez les textes datés, les musées et les archives.

    Le geste d’offrir, plus ancien que les porteurs de cadeaux

    Qu’on les doive à un saint, à l’Enfant Jésus ou à une vieille femme de l’Épiphanie, les cadeaux d’hiver suivent un même fil, qui remonte aux présents des mages et aux étrennes romaines.

    Pourquoi s’offre-t-on des cadeaux à Noël : Saturnales, étrennes, mages et saint Nicolas

    Questions fréquentes

    Qu’est-ce que la Befana fasciste ?

    Une distribution nationale de cadeaux aux enfants pauvres lancée le 6 janvier 1928 par Augusto Turati, secrétaire du parti fasciste ; en 1931, elle réunissait plus d’un million de paquets.

    Que laisse-t-on à la Befana ?

    Selon les traditions romaines que rapporte Il Foglio, de la ricotta, puisqu’elle n’a plus de dents, et parfois les dents de lait des enfants, qu’elle remplace par une pièce.

    Le magazine

    Les cinq rubriques

    Deux bougies de cire allumées parmi des noix et des pommes de pin dorées, dans la pénombre

    Histoire de Noël

    Du calendrier romain de 354 au Père Noël new-yorkais : la fête, document par document.

    Deux verres de vin chaud vus du dessus, avec bâton de cannelle, anis étoilé, canneberges et rondelle d'orange, près d'oranges tranchées et d'un brin de romarin

    Noël en France

    La veillée du 24, les treize desserts, les bredele alsaciens, le Chanté Nwel des Antilles.

    Grands sapins lumineux surmontés d'étoiles devant des façades soulignées d'ampoules, sous la neige, la nuit en ville

    Noël dans le monde

    Wigilia en Pologne, Befana en Italie, Tió en Catalogne, poulet frit au Japon.

    Bractées rouge vif d'un poinsettia en gros plan, autour des petites fleurs vertes du cœur de la plante

    Symboles et coutumes

    Le sapin, le gui, la bûche, le calendrier de l’Avent, les chants et la lettre au Père Noël.