Histoire de Noël
Du calendrier romain de 354 au Père Noël new-yorkais : la fête, document par document.
D’où viennent nos traditions de Noël, ici et ailleurs

Histoire de Noël
Les illuminations de Noël sont l’héritage de deux gestes : allumer des bougies au cœur de l’hiver, puis confier ce rôle à l’électricité. Le premier sapin éclairé par des ampoules brille à New York en décembre 1882, trois ans seulement après qu’Edison a mis au point un moyen pratique de fabriquer ces lampes ; les places et les avenues suivent au XXe siècle, de Washington aux Champs-Élysées.
L’histoire des lumières de Noël tient en quelques dates bien documentées. Chacune marque le moment où la lumière change de support ou de lieu : de l’arbre au salon, du salon à la fenêtre, de la fenêtre à la rue.
| Date | Lieu | Ce qui s’allume |
|---|---|---|
| Début du XVIIe siècle | Allemagne | Des arbres décorés de bougies, de fleurs en papier et de sucreries |
| 1848 | Royaume-Uni | La famille royale autour de son arbre dans l’Illustrated London News ; les arbres de la cour portent des bougies |
| 8 décembre 1852 | Lyon | Des bougies posées sur les fenêtres et les balcons de toute la ville |
| 22 décembre 1882 | New York | Premier sapin éclairé par des ampoules électriques, chez Edward H. Johnson |
| 24 décembre 1923 | Washington | Premier sapin national, 2 500 ampoules, allumé par le président Coolidge |
| 1931, puis 1933 | New York | Sapin du chantier du Rockefeller Center, puis première cérémonie officielle |
| 1980 | Paris | Première cérémonie d’illumination des Champs-Élysées |
| 1989 | Lyon | Premier Plan Lumière, qui met en valeur le patrimoine de la ville la nuit |
Garnir un arbre de bougies est une habitude allemande ancienne. Le Royal Collection Trust, qui veille sur les collections de la couronne britannique, écrit qu’en Allemagne on décorait les arbres de bougies, de fleurs en papier et de sucreries dès le début du XVIIe siècle. La reine Charlotte, épouse de George III et native d’Allemagne, en introduit l’usage en Grande-Bretagne à la fin du XVIIIe siècle, avec un if plutôt qu’un sapin.
La mode gagne tout le pays avec Victoria et Albert. En 1848, l’Illustrated London News publie une gravure de la famille royale réunie autour d’un arbre décoré, et les foyers britanniques l’imitent ; les arbres de la cour portent des bougies et de la neige artificielle. Pour la route qui mène de Sélestat à Windsor, voyez l’histoire du sapin de Noël, de l’Alsace aux cours d’Europe.
Le revers de ce décor est connu : des flammes nues dans des branches résineuses. La note qui accompagne la transcription de l’article de 1882, sur le site Today in Science History, rappelle que la coutume des bougies était aussi appréciée que dangereuse, et qu’elle a provoqué de nombreux incendies domestiques. L’ampoule électrique séduira pourtant d’abord par sa nouveauté ; la sécurité ne viendra qu’en prime.
Le premier sapin éclairé à l’électricité se dressait dans le salon d’Edward H. Johnson, à New York, en décembre 1882. Ingénieur et associé de longue date de Thomas Edison, Johnson était vice-président de la compagnie d’éclairage d’Edison, qui venait d’ouvrir en septembre la première centrale électrique commerciale des États-Unis, à Pearl Street. Le Guinness World Records retient la date du 22 décembre 1882 pour ces premières lumières électriques de sapin.
Sa maison, au 139 de la 36e Rue Est, était trop éloignée de la centrale pour en recevoir le courant : un générateur privé, installé au sous-sol, alimentait ses curiosités électriques. L’arbre reposait sur un socle tournant entraîné par une dynamo, et chaque tour mettait en contact des séries d’ampoules de couleurs différentes, si bien que le sapin changeait de teinte en tournant.
Le journaliste William Augustus Croffut en fait le récit dans le Detroit Post and Tribune. La transcription de son article décrit un arbre qui tourne six fois par minute sur une petite caisse de pin, couvert de globes colorés à peu près gros comme une noix, avec cette précision :
There were eighty lights in all encased in these dainty glass eggs, and about equally divided between white, red and blue.
Quatre-vingts ampoules, donc, blanches, rouges et bleues, auxquelles s’ajoutaient 28 petites lampes suspendues à deux fils tendus en travers du plafond. Toutes s’éteignaient et se rallumaient à chaque révolution de l’arbre : le scintillement que nous associons aux guirlandes était là dès le premier soir.
En France, c’est à Lyon qu’une ville entière a pris l’habitude de s’illuminer en décembre, et l’électricité n’y est pour rien au départ. La Ville de Lyon raconte l’origine de sa Fête des Lumières : en 1852, on décide d’élever une statue de la Vierge sur la colline de Fourvière. L’inauguration, prévue le 8 septembre, est retardée par une crue qui empêche la livraison de la statue, puis reportée au 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception.
Le mauvais temps fait encore annuler les cérémonies officielles ce jour-là. Mais le ciel se dégage à la nuit tombée, et les Lyonnais posent spontanément des bougies allumées dans des verres colorés sur leurs fenêtres et leurs balcons : des quartiers entiers s’éclairent. Le geste se répète les années suivantes et devient la tradition du 8 décembre, à laquelle les habitants restent très attachés.
La lumière électrique prend ensuite le relais. Dans les années 1960, des concours de vitrines illuminées, surtout chez les commerçants de l’alimentation, ouvrent la saison de Noël ; en 1989, Lyon adopte un premier Plan Lumière pour mettre en valeur son patrimoine la nuit, une première en Europe selon la Ville. La Fête des Lumières et ses quatre soirées d’installations prolongent ce fil.
Le sapin illuminé sort dans la rue aux États-Unis en 1923. Le National Park Service, qui gère les abords de la Maison-Blanche, retrace la naissance du premier sapin national : le 24 décembre 1923, à 17 heures, le président Calvin Coolidge presse un bouton au pied d’un sapin baumier venu du Vermont, dressé sur l’Ellipse, et l’arbre s’allume.
L’arbre avait été offert par Paul D. Moody, président du Middlebury College, dans l’État natal de Coolidge. Sa hauteur varie selon les journaux de l’époque, de 35 à 60 pieds ; les photographies la rapprochent des 48 pieds, environ 15 mètres, annoncés par la presse locale du Vermont. 2 500 ampoules rouges, blanches et vertes, offertes par l’Electric League of Washington, l’éclairaient.
Le récit du NPS montre aussi qui poussait à cette cérémonie. La Society for Electrical Development, installée à New York, tenait à une démonstration publique et présidentielle des merveilles de l’électricité : la fête de Noël servait aussi de vitrine à l’industrie électrique.
À New York, la tradition du Rockefeller Center est née sur un chantier, en pleine Grande Dépression. La New-York Historical Society le résume en une phrase : « Though the first official ceremony was held in 1933, the tradition actually began on Christmas Eve 1931 ». Ce soir-là, les ouvriers dressent un sapin baumier de 20 pieds, environ 6 mètres, décoré de guirlandes de papier, de chapelets de canneberges et de quelques ornements.
Ils font ensuite la queue pour toucher leur paie, distribuée par un contremaître derrière une caisse en bois. Le chantier, lancé en 1930, a fait travailler en tout 40 000 à 60 000 personnes selon les estimations citées par la société historique, à une époque où 64 % des ouvriers du bâtiment de New York étaient sans emploi. Le sapin géant qui s’allume aujourd’hui devant les caméras descend de cet arbre de chantier.
Le principe n’a pas changé depuis Lyon et Washington : une foule attend l’instant où tout s’allume.
À Paris, l’illumination des Champs-Élysées est devenue un rendez-vous à part entière en 1980. Franceinfo le rappelle : « En 1980, le Comité des Champs-Élysées organisait la première cérémonie sur la plus belle avenue du monde. » Depuis, le geste d’allumer l’avenue est confié à une personnalité, de Johnny Hallyday en 1998 à Vanessa Paradis en 2007 ou Tony Estanguet en 2024.
Le principe n’a pas changé depuis Lyon et Washington : une foule attend l’instant où tout s’allume. Ce qui a changé, ce sont les moyens, des guirlandes dorées des débuts aux scénographies conçues par des éclairagistes. Les arbres de l’avenue portent désormais les lumières que les sapins de salon portaient au XIXe siècle.
La lumière accompagne Noël parce que la fête tombe au plus sombre de l’année dans l’hémisphère nord, et que le christianisme y célèbre une naissance présentée comme une lumière venue dans le monde. Les coutumes de décembre le disent chacune à leur façon. En Suède, la procession de Lucie avance à la lueur des bougies, un rite raconté dans notre article sur la Sainte-Lucie du 13 décembre ; en Alsace, le Christkindel porte lui aussi une couronne de bougies.
Dans les maisons, la couronne de l’Avent allume une bougie de plus chaque dimanche, et les symboles de Noël, du houx à la couronne ont souvent la lumière pour fil. Les guirlandes électriques ne font que prolonger ce langage avec d’autres moyens : elles ont remplacé la flamme sans changer ce qu’elle voulait dire.
Le premier sapin éclairé à l’électricité est celui d’Edward H. Johnson, associé de Thomas Edison, à New York, en décembre 1882. Il portait 80 ampoules blanches, rouges et bleues et tournait sur un socle entraîné par une dynamo. Le Guinness World Records retient la date du 22 décembre 1882 pour ces premières lumières électriques de sapin.
Noël tombe au moment le plus sombre de l’année dans l’hémisphère nord, et la tradition chrétienne y célèbre une naissance présentée comme une lumière. Les bougies du sapin, de la couronne de l’Avent ou de la Sainte-Lucie traduisent ce sens. Les guirlandes électriques ont pris le relais des flammes, plus sûres et plus spectaculaires, sans changer ce symbole.
Elle vient du 8 décembre 1852. Ce jour-là, l’inauguration de la statue de la Vierge de Fourvière, déjà reportée à cause d’une crue, est de nouveau perturbée par le mauvais temps. Le soir, les Lyonnais posent spontanément des bougies dans des verres colorés sur leurs fenêtres, et le geste devient une tradition annuelle.
La première cérémonie d’illumination des Champs-Élysées a été organisée en 1980 par le Comité des Champs-Élysées. Depuis, une personnalité différente donne chaque saison le signal de l’allumage. Johnny Hallyday, Vanessa Paradis ou Tony Estanguet ont tenu ce rôle.
Le magazine
Du calendrier romain de 354 au Père Noël new-yorkais : la fête, document par document.
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